Kenya, Nairobi : les tensions s’intensifient dans le bidonville de Mathare, où la police est impliquée dans la mort d’au moins 15 personnes depuis le début du couvre-feu

Kenya, Nairobi. Les tensions s’intensifient dans le bidonville de Mathare, où la police est impliquée dans la mort d’au moins 15 personnes depuis le début du couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. “C’est la police, pas le coronavirus, qui nous tue”, scandent des manifestants. Plusieurs rassemblements avec des affrontements avec les forces de l’ordre ont eu lieu dans ce quartier, le plus dense de la capitale kényane, qui abrite environ 500 000 personnes. La brutalité policière n’y est pas nouvelle mais depuis que les policiers sont chargés de faire respecter le couvre-feu, ils n’hésitent pas à distribuer des coups de fouet aux habitants qu’ils croisent dans les rues mais aussi à tirer à balles réelles, faisant régner la terreur. Dès la première nuit du couvre-feu à Mathare, un garçon de 13 ans a perdu la vie, touché par une balle perdue tirée par la police dans la rue alors qu’il se trouvait dans son appartement avec sa famille. “La journée, nous avons peur du coronavirus ; et la nuit, la police nous tire dessus”, résume le père de l’adolescent. Le virus continue lui aussi à faire des ravages dans le bidonville où les conditions sanitaires sont déplorables, sans que des chiffres fiables soient diffusés.

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