Méditerranée : un corps non identifié a dérivé pendant près de 3 semaines, malgré les différentes alertes et demandes d’intervention sans aucune recherche sur ce qu’il est advenu des autres naufragés

Méditerranée. Un corps non identifié a dérivé en Méditerranée pendant près de 3 semaines malgré les demandes d’un groupe de secours en direction de la Libye, de l’Italie et de Malte. Le 29 juin, Seabird, un avion de surveillance exploité par le groupe de recherche et sauvetage Sea-Watch, montre le corps tourné vers le bas dans les eaux agitées de la Méditerranée, emmêlé dans un canot gris à demi coulé. Trois semaines plus tard, Sea-Watch a déclaré que le corps flottait encore, malgré les différentes alertes et demandes d’intervention. Les autres passagers de l’embarcation n’ont pas non plus été recherchés. Bien que chaque État ait la responsabilité de mener des opérations de recherche et de sauvetage dans une zone définie, la Convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritimes stipule qu’il a l’obligation d’intervenir dans la zone d’un autre État s’il ne répond pas à une demande d’aide de cette zone. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 400 personnes sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe depuis les côtes africaines cette année. Une porte-parole de Sea-Watch a déclaré que cette situation met en évidence le manque croissant de collaboration des autorités dans la conduite des opérations de sauvetage. “Ils attendent des heures, laissant les gens à l’agonie avec la pensée qu’ils pourraient même mourir. Vendredi, les garde-côtes de Malte ont secouru 65 migrants qui étaient restés en mer pendant 30 heures malgré l’alerte d’AlarmPhone qui avait informé à plusieurs reprises les autorités maltaises et italiennes de la position du navire et de la panne du moteur. Au lieu de financer des opérations de sauvetage efficace, l’Union européenne aurait envoyé des centaines de millions de dollars en Libye, le principal point de départ pour les personnes essayant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique, finançant en particulier les manoeuvres de gardes côtes lybiens pour repousser les embarcations ainsi que la mise en place de centres de rétentions en Lybie. Jeudi, le Parlement italien a approuvé un financement supplémentaire pour les garde-côtes libyens. Cette décision intervient alors que la ministre italienne de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, était à Tripoli pour des entretiens de haut niveau visant à renforcer la collaboration entre les deux pays dans le contrôle des frontières.

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