Maroc, Safi, Kénitra : des reconfinements locaux sont instaurés mais les ouvriers continuent de travailler sans mesures de protection sanitaire

Maroc, Safi, Kénitra. Des reconfinements locaux sont instaurés face à une augmentation de la propagation du virus, mais les ouvriers continuent de travailler sans mesures de protection sanitaire. Tous les lieux de travail qui réunissent de nombreux employés deviennent des foyers de propagation épidémique dans le pays et de plus en plus d’ouvriers manifestent pour exiger des mesures de protection et des tests. A Safi; depuis près de quatre jours, les sardinières de l’usine Unimer à Safi manifestent sur leur lieu de travail, exigeant des tests PCR. En effet, cette demande a été réitérée après la découverte d’un premier cas au sein de ces ouvrières puis la nouvelle du fait que 253 des 534 derniers tests positifs dans tout le pays se concentrent dans ce nouveau foyer infectieux. Au soir de l’annonce de ce nouveau foyer, les autorités locales se sont empressées de fermer les accès à la ville, désormais reconfinée. Les quartiers où vivent principalement les ouvrières de l’entreprise ont par ailleurs été isolés. A l’issue d’une réunion tenue le soir-même, le wali de la région Marrakech-Safi, Karim Kassi-Lahlou, a insisté par ailleurs sur le renforcement des mesures de confinement pour reprendre le contrôle de la situation. Les employeurs refusent systématiquement les demandes de protection et de dépistage massif, certain cachant même une partie de leurs employés dans des camions à l’arrière de l’usine lors des visites de contrôle pour faire croire que la distanciation est respectée. A Kénitra, les ouvriers d’une des nombreuses usines de câblage de voiture de la région, toutes fortement touchées par le virus et qui travaillent sans aucunes protections sanitaires sont menacés de licenciement parce qu’ils demandent des tests. Plusieurs manifestations spontanées et grèves sauvages ont eu lieu face au refus de employeurs de fournir des équipement de protection et d’organiser des dépistages. «Il y a tout juste quatre jours, 165 cas ont été identifiés au sein d’une seule unité parmi les trois principales, près de 35 dans une deuxième et 70 dans une troisième, sachant que ce ne sont que les chiffres que nous avons pu obtenir.» affirme un syndicaliste. Les quelques tests (positifs) qui ont pu être faits ont été accompagnés de représailles et de menaces de licenciement et depuis juillet au moins 120 personnes ont été “remerciées sans motif sérieux”, affirme-t-il.

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