Lybie, Méditerranée : la fermeture des ports en Méditerranée rend la situation des migrants qui cherchent à la traverser de plus en plus critique

Lybie, Méditerranée. La fermeture des ports en Méditerranée rend la situation des migrants qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe de plus en plus critique. Le 7 avril, l’Italie annonce la fermeture officielle de ses ports, suite à son refus d’accueillir le bateau de l’ONG Sea Eye qui cherchait un port sûr pour y débarquer les 150 personnes rescapées qu’elle avait à son bord. Deux jours après, Malte adopte des dispositions similaires, ajoutant que sa garde côtière ne serait plus en mesure de porter secours aux migrants en détresse en mer. Beaucoup d’embarcations sont refoulées vers la Lybie après une longue errance et dans la foulée, la Libye déclare elle aussi ses ports comme étant non-sûrs.

Ainsi, plus aucun État en Méditerranée centrale n’accepte d’endosser sa responsabilité de secourir les migrants en mer. La nouvelle opération Irini, qui a remplacé EUNAVFOR MED depuis le 1er avril, reprend cette logique d’évitement, en déployant ses navires plus à l’est des côtes libyennes, où les chances de croiser des embarcations de migrants sont moindres, tout en perpétuant l’externalisation des contrôles frontaliers. Des garde-côtes européens qui refusent de répondre aux appels de détresse ou les ignorent, qui sabotent les embarcations des migrants pour les empêcher de rejoindre les côtes européennes, qui s’abstiennent de coordonner des opérations de sauvetage malgré la présence des embarcations dans les zones de recherche et de secours dont ils ont la responsabilité, des centaines de personnes laissées pendant plusieurs jours agoniser en mer et affronter des vagues de plusieurs mètres de haut, ou encore des garde-côtes qui organisent secrètement avec l’aide de navires marchands ou de pêche des opérations de push-back privatisées vers la Libye d’où les migrants ont fui… tel est le tableau macabre de cette deuxième semaine d’avril, au cours de laquelle plus d’un millier de personnes migrantes ont tenté d’échapper au chaos libyen et à la guerre qui y fait rage.
Le bilan partiel qui a pu être fait est particulièrement funeste : des centaines de personnes migrantes épuisées après avoir été abandonnées plusieurs jours en mer sans aucun secours, 12 personnes mortes de fatigue, de déshydratation ou noyées et plusieurs centaines renvoyées dans l’enfer libyen qu’elles tentaient de fuir à tout prix.

#0302 Source : migreurop.org