Europe : la Commission euro­péenne décide que le virus n’atteint pas le niveau maximum de dangerosité prévu dans la lé­gislation sur la protection des tra­vailleurs, traitant le Covid comme s’il y avait un traitement et comme si la contagiosité était peu élevée !

Europe. Les États membres et la Commission euro­péenne ont décidé que le virus n’atteint pas le niveau maximum de dangerosité prévu dans la lé­gislation sur la protection des tra­vailleurs contre ce type de risque. Dans la directive européenne de 2000 sur la protection des tra­vailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents biologi­ques, l’échelle de gravité des ger­mes comporte quatre paliers. Le moins dangereux est non «sus­ceptible de provoquer une maladie chez l’homme» (groupe 1). Le plus dangereux (groupe 4), en sus de provoquer des maladies graves, « constitue un danger sérieux pour les travailleurs » et présente « un risque élevé de propagation dans la collectivité ». Pour cette catégo­rie, « il n’existe généralement pas de prophylaxie ni de traitement efficace ». Dans ce groupe, sont notamment rangés des virus cau­sant des fièvres hémorragiques comme Ebola ou Marburg. Fin avril, la Commission lance une procédure accélérée, afin de ranger le SARS­CoV­2 dans l’un de ces quatre groupes et de l’ajouter à la liste des « agents biologiques » – virus, bactéries, parasites et champignons – faisant l’objet de mesures de protection des tra­vailleurs dans l’Union européenne (UE). Puis, le 7 mai, elle propose qu’il intègre le groupe 3. Pour ce dernier, pourtant, la directive sti­pule qu’« il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace» – ce qui n’est pas encore le cas pour le coronavirus causant le Covid­19. Mais aussi que le risque de propagation n’est pas « élevé », comme dans le groupe 4. Plus de 40 % de l’humanité a pourtant été confinée pendant plusieurs semai­nes pour freiner sa dissémination. Malgré ça, la Commission se défend de vouloir remettre la population au travail à tout prix…

#0642 Source Le Monde du 15/05