Liban : un grand nombre femmes d’origine éthiopienne travaillant comme domestiques se retrouvent abandonnées par leurs employeurs, 35 d’entre elles, qui dormaient dans la rue, ont été évacuées

Liban. 35 employées de maison éthiopiennes qui dormaient dans la rue ont été évacuées dans un hôtel de la capitale par le ministère du Travail, en attendant d’être fixées sur leur sort. Un grand nombre femmes d’origine éthiopienne travaillant au Liban comme domestiques se retrouvent abandonnées par leurs employeurs qui ne peuvent plus les payer en raison de la crise économique que traverse le pays. La pandémie de coronavirus a envenimé la situation. Au Liban, les emplois domestiques ne sont pas réglementés par le code du travail. Le système dit de “Kafala” (garantie) fait de l’employeur le tuteur de son employée, ouvrant la voie à de graves abus. Des dizaines de jeunes femmes ont été ainsi abandonnées ou “jetées comme des sacs poubelles” devant le consulat éthiopien à Beyrouth, souligne une expatriée éthiopienne. Débordée par la situation, la représentation diplomatique éthiopienne a suspendu ses services, explique une ancienne travailleuse domestique. Côté éthiopien, le ministère des Affaires étrangères annonce que plus de 600 personnes ont été rapatriées fin mai et que d’autres opérations suivront, mais les modalités de retour restent très floues. Le vol de rapatriement vers Addis Abeba est facturé 1 450 dollars, dont 680 pour le billet d’avion et 770 pour l’hôtel où les employées de maison devront observer une quarantaine de 14 jours, selon un communiqué de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, et les ex employeurs refusent de payer. Des milliers de travailleuses éthiopiennes restent bloquées à l’étranger sans revenus et sans aides.

#0932 Source francetvinfo.fr