Liban : les travailleuses domestiques faut aussi partie des nombreuses victimes collatérales de l’explosion du port de Beyrouth, à la rue sans ressources ni secours

Liban. Très touchées par la crise sanitaire à cause de leur statut, en particulier la kafala qui les fait dépendre entièrement de leurs employeurs, les travailleuses domestiques faut aussi partie des nombreuses victimes collatérales de l’explosion du port de Beyrouth. Un très grand nombre d’entre elles se retrouvent à la rue sans ressources ni secours. Elles sont nombreuses à faire partie des victimes directes, en particulier des femmes originaires des Philippines, dont les services sont très prisés par la bourgeoisie libanaise, dont beaucoup résident du côté d’Achrafieh, un quartier relativement aisé de Beyrouth, touché de plein fouet par l’explosion. Comme elles n’ont pas de papiers d’identité et ne sont répertoriées nulle part, elles ne sont pas recherchées et leur mort peut passer inaperçue. Après l’explosion du port, 300.000 personnes se sont retrouvées sans domicile. De nombreuses familles libanaises ont quitté Beyrouth pour s’installer temporairement dans les montagnes, chez des proches ou dans leur résidence secondaire, sans nécessairement emmener leur domestique avec elles. Celles qui continuent à travailler voent leurs rations de nourriture réduites jusqu’à souffrir de la faim. Les associations caritatives manquent de ressources et privilégient les nationaux : sur les murs de certains dispensaires de Bourj Hammoud, on commence d’ailleurs à voir apparaître des panneaux «Lebanese only» Depuis le début du mois de juin, plusieurs dizaines d’Éthiopiennes dorment dans la rue devant le consulat, à Hazmieh, au sud de Beyrouth. Renvoyées par leurs employeurs, elles arrivent chaque jour plus nombreuses, laissées sur le bord du trottoir par des taxis, avec ou sans valise. Une cinquantaine de Kényanes manifestent régulièrement devant le consulat, tandis que la Sûreté générale les menace d’emprisonnement si elles venaient à contacter des associations pour parler de leur situation.

#1461 vu sur www.slate.fr