Liban, Beyrouth : les manifestations et les affrontements se poursuivent malgré la démission du gouvernement, suite à l’explosion qui a dévasté le port et les quartiers avoisinants

Liban, Beyrouth. Les manifestations et les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent après l’annonce de la démission du gouvernement, alors que des quartiers entiers de la ville sont transformés en champs de ruines. Le 4 août 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, une matière toxique et potentiellement explosive qui était stockée sans dispositif de sécurité adéquat dans le port depuis maintenant 6 ans explose sur le port de la capitale. L’explosion elle-même fait près de 200 morts et 6 500 blessés et laisse un cratère de 43 mètres de diamètre dans le port. L’onde de choc de l’explosion aurait été ressentie jusqu’à Chypre, en Grèce, à 200 kilomètres de la capitale libanaise. Les habitants craignent les vapeurs toxiques relâchées par l’explosion qui vont probablement faire encore beaucoup plus de victimes, et de manière beaucoup plus durable, que l’explosion en elle-même. Les hôpitaux, déjà surchargés à cause de la pandémie, et certains ayant été endommagés par l’explosion, n’ont pas pu gérer le flot de blessés qu’a entrainé la catastrophe. Plus de 500 blessés avaient par exemple été admis dès l’après-midi dans un hôpital, dont des dizaines nécessitant des opérations chirurgicales lourdes. Au lendemain des explosions, selon les autorités locales, 300.000 personnes environ se sont retrouvées sans domicile. Pour la population, déjà éprouvée par une crise économique inédite, l’explosion qui a dévasté une partie de la ville a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l’ensemble de la politique du gouvernement. Ce mouvement de contestation avait été freiné par la crise du Covid-19 avec l’interdiction des rassemblements et le confinement du Liban en mars et prend maintenant une dimension pratiquement insurrectionnelle. Peu de temps après l’explosion, en même temps que se mettait en place une solidarité diffuse pour sortir des décombres, les déblayer, s’organiser pour survivre, se sont mis à émerger des appels à manifester. Notamment, dans la nuit du 8 août les manifestants ont pris d’assaut le ministère des Affaires étrangères mais ont été finalement délogés par l’armée. La répression de ce mouvement de contestation fait des dizaines de blessés.

#1406 Sources diverses