Japon : des milliers de travailleurs précaires à la rue à cause de la fermeture des cybercafés dans lesquels ils vivaient au quotidien

Japon. Des milliers de travailleurs précaires risquent de se retrouver sans toit au Japon, la pandémie de coronavirus ayant récemment entraîné la fermeture temporaire de nombreux cybercafés où beaucoup d’entre eux, surnommés les «réfugiés du net», résident habituellement. «Je n’ai nulle part où aller, peu de connaissances», explique un intérimaire, qui se retrouve également sans travail, beaucoup de chantiers étant à l’arrêt à cause de la pandémie. Il a finalement trouvé refuge dans une grande salle de judo de Yokohama (sud-ouest de Tokyo) reconvertie depuis samedi dernier en centre d’hébergement d’urgence par le gouvernement régional. Le site accueille quelques dizaines de personnes auxquelles sont fournis des lits de camp ou en carton, entourés de tentures. A l’origine, les cybercafés ouverts 24H/24 accueillaient plutôt des employés de bureau quittant trop tard leur travail, mais avec la précarisation des emplois, les tarifs bon marché des cybercafés ont progressivement fait évoluer leur clientèle vers la nouvelle classe des travailleurs pauvres qui y vivent quotidiennement. Tokyo compterait environ 4.000 réfugiés du net ainsi que 2.000 sans-abri, estime Tsuyoshi Inaba, responsable d’une organisation japonaise d’aide aux personnes démunies interrogé par l’AFP.

#0221 Source : la-croix.com