France : un rapport propose l’élargissement des domaines d’application de l’algorithme utilisé par les services de renseignement pour traiter des masses de données numériques

France. Un rapport soumis à l’assemblée propose l’élargissement des domaines d’application de « l’algorithme » utilisé par les services de renseignement afin d’éplucher en temps réel un grand nombre de données numériques dans le but de détecter des “menaces terroristes”. Plutôt que de viser une personne identifiée, cet “algorithme” passe au tamis de très grandes quantités de données numériques à la recherche de « signaux de faible intensité ». Une fois des données repérées, les renseignements doivent demander une “levée d’anonymat” pour accéder aux informations personnelles de l’émetteur et du destinataire. On ne connaît pas le nombre de demande de “levée d’anonymat” qui ont été formulées depuis que cet algorithme est utilisé. Il s’agit d’un dispositif expérimental qui doit être réévalué avant le 31 décembre. Le rapport demande de développer son usage et de le prolonger pour cinq ans. « Le volume de données que l’algorithme permet d’appréhender ne peut pas l’être par des moyens classiques », écrivent-ils, craignant que la France se prive « d’une grande chance » et accuse « du retard par rapport aux puissances partenaires » si les espions français ne pouvaient plus faire usage de leur algorithme. En réalité, trois algorithmes sont actuellement à l’œuvre : le premier a été déployé le 12 octobre 2017, les deux autres courant 2018. Ils traitent des données téléphoniques et inspectent le trafic Internet mais ne peuvent conserver que des données dites « de connexion » (ou « métadonnées »), c’est-à-dire qui communique avec qui, quand et pendant combien de temps. Le rapport préconise un accès et une possibilité de conservation du contenu des messages. Les services de renseignement demandent un élargissement à d’autres missions, notamment le « contre-espionnage et de criminalité organisée ».

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