France : un rapport du “contrôleur des lieux de privation de liberté” s’alarme du recours de plus en plus systématique à l’enfermement des patients en psychiatrie

France. Dans un rapport rendu public mercredi le “contrôleur des lieux de privation de liberté” s’alarme du recours de plus en plus systématique à l’enfermement des patients en psychiatrie. On enferme en effet de plus en plus, et cela sans le consentement du malade. On isole aussi, voire on attache. En effet, depuis une vingtaine d’années, le nombre d’hospitalisations sans l’accord du patient a augmenté régulièrement, au point de les banaliser avec 25% des hospitalisations qui se font sous ce statut. Il y a vingt ans, c’était deux fois moins. Dans certains établissements, 40 % des hospitalisations se font sous contraintes. Il n’y a qu’en psychiatrie que l’on peut légalement soigner sans l’accord du patient. Cette contrainte aux soins va avec la possibilité d’exercer « une contrainte au corps se traduisant en une contrainte aux comportements : horaires, tabac, visites, etc. » Voire à isoler les patients dans des chambres spéciales, et parfois à les attacher pendant des jours, voire des mois. Le rapport note que « la culture de l’enfermement et des restrictions dans le champ psychiatrique est intériorisée par tous : soignants, famille et proches, patients aussi. L’ensemble perpétue le refus de s’interroger sur les pratiques, la compatibilité de l’enfermement et des restrictions qui l’accompagnent avec le soin ». Il s’agit d’une tendance lourde, accentuée par la gestion du confinement en milieu fermé, certains patients étant restés enfermés dans leur chambre 24h sur 24. Il semble cependant que ces pratiques commencent à être de plus en plus interrogées, voire discutées au sein des établissements, entre autre en réaction à ce qui a pu se passer pendant le confinement.

#0998 Source liberation.fr