France : un arsenal de dispositifs de contrôle délirants sont proposés aux universités pour organiser la télésurveillance des examens.

France. Dans le contexte de la pandémie, le gouvernement recommande officiellement aux établissements d’enseignement supérieur la télésurveillance des examens à l’aide de dispositifs invasifs et discriminants : reconnaissance faciale, vidéosurveillance par webcam et smartphone, détection de bruits suspects… La fiche n°6 du document transmis aux université en mars 2020 pour gérer le télétravail dans les université, intitulée « Évaluer et surveiller à distance », indique que « les examens écrits nécessitent une télé-surveillance particulière qui permet de vérifier l’identité de l’étudiant et d’éviter les fraudes. Ils nécessitent donc un recours à des services de télésurveillance ». Le document recommande ensuite aux établissements une liste de fournisseurs de services « qui ont l’habitude de travailler avec des établissements d’enseignement supérieur ». Quelques exemples de l’arsenal préconisé :

  • Managexam propose des solutions de surveillance audio et vidéo, avec « prise de photos fréquentes, régulières ou aléatoires » ou « vidéo captée en continue ». Sur son site, l’entreprise promet de repérer « automatiquement les anomalies pouvant survenir dans la session d’évaluation grâce à une recherche et une classification visuelle de l’environnement des candidats
  • Proctorexam, qui propose une « technologie avec deux prises de vues simultanées sur l’étudiant (webcam+appli smartphone) » et Evalbox, qui propose « des algorithmes d’analyse comportementale pour détecter les comportements suspicieux »
  • TestWe, solution qui revient souvent dans les média, offre un système de photographie de la carte d’étudiant ou d’identité par webcam « pour vérifier que la bonne personne est en face de l’écran ». Son PDG, Benoît Sillard, se vante également de mettre « en place actuellement un système à double caméras, celle de l’ordinateur qui filme par l’avant, et celle de votre smartphone qui filme l’ensemble de la pièce, pour vérifier qu’il n’y a pas un deuxième ordinateur ou quelqu’un en train de vous souffler »
  • Smowl qui « utilise un algorithme de reconnaissance automatique des visages pour vérifier l’identité de l’utilisateur en ligne et un système qui détecte les comportements incorrects ».

L’Université de Caen-Normandie utilise ce genre de dispositifs depuis 2017, ainsi que la Sorbonne. Le contexte de la pandémie provoque une démultiplication leur utilisation et plus de 50 universités et écoles seraient en train d’envisager ce type de procédés.

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