France, Seine-Saint-Denis : l’ASE refuse de prendre en charge un un mineur migrant qui se retrouve hospitalisé en psychiatrie à Ville Evrard après avoir réduit en esclavage en Lybie, MSF porte plainte contre l’administration

France, Seine Saint-Denis. Médecins sans frontières dépose une plainte contre la Seine-Saint-Denis pour mise en danger de la vie d’autrui, imputant à l’absence de prise charge adaptée les troubles psychiatriques déclarés par un migrant mineur atteint du VIH et positif au covid-19. Le jeune garçon, qui a fui la Côte d’Ivoire dans une situation de grave danger, et a été réduit en esclavage en Lybie au cours de son périple. MSF a déposé une plainte contre le département de Seine-Saint-Denis mercredi pour “délaissement d’une personne hors d’état de se protéger”, “mise en danger de la vie d’autrui” et “non-assistance à personne en danger”. C’est la première fois en France qu’une telle plainte est déposée contre l’administration dans ce genre de situation. L’hôpital Ville-Evrard où il a été hospitalisé pour des problèmes psychiatriques a effectivement adressé au département un signalement avec une demande de protection qui est restée sans suite. MSF et l’hôpital considèrent que les troubles dont il souffre sont indéniablement liés à son difficile parcours migratoire notamment en Libye, ainsi qu’à la précarité de sa situation actuelle. “Ce jeune homme est atteint d’une maladie chronique grave, il a été esclavagisé en Libye, il a un état dépressif caractérisé. Ce garçon est dans une situation de santé très préoccupante”, dénonce l’avocat de Médecins sans frontières. SI l’Aide sociale à l’enfance ne l’a pas pris en charge suite au signalement, c’est suite à un “test osseux” dont tout le monde connaît le caractère approximatif, et qui, comme la plupart du temps, a servi à décréter qu’il était peut-être en fait majeur, manoeuvre dilatoire qui permet aux autorités de ne rien faire en attendant que les adolescents soient effectivement majeurs pour ne pas avoir à les prendre en charge, voire de les expulser directement sur une suspicion de fraude sur leur âge. C’est d’ailleurs ainsi que se défossent les autorités : “Le Département de la Seine-Saint-Denis n’a pas procédé à une fin de prise en charge puisque ce jeune, au moment du signalement auprès de la CRIP de Seine-Saint-Denis, relevait tout simplement pas de son ressort.” Pendant ce temps, après son séjour en psychiatrie, il se retrouve à la rue sans aucune prise en charge, et il atteindra effectivement la majorité dans quelques mois, ce qui rendra possible son expulsion. “On joue la montre de façon délibérée et cynique. Ce n’est pas admissible”, dénonce l’avocat de MSF. Cette problématique concerne tous les départements de la région et bien d’autres situations similaires se produisent.

#1229 vu sur www.leparisien.fr