France, Paris : le refus de donner ses empreintes d’un interpellé de la manifestation antifasciste du 20 février est puni d’une incarcération préventive avant son procès

France, Paris. L’audience d’un jeune homme placé en garde-à-vue suite à un contrôle de police avant la contre-manifestation s’opposant au défilé facho du groupe Génération Identitaire le samedi 20 février a donné lieu, dans l’attente d’un procès reporté au 29 mars 2021, à son incarcération immédiate à Fleury-Mérogis, dans l’unique but de le forcer à donner ses empreintes par commission rogatoire – ce qu’il avait refusé en GAV. En effet, alors que le fonds du dossier (qui n’a pas été abordé puisque la comparution immédiate a été refusée) était que le prévenu était porteur d’un cadenas de vélo et sa clé (devenant « port d’arme par destination » et « groupement en vue de commettre… »), et que son identité était certifiée par son passeport, l’incarcération suite au refus d’empreintes a été présentée comme normale, automatique. Selon la procureure, le Ministère Public qu’elle représentait ne pouvait être assuré de l’identité de quelqu’un si ses empreintes n’étaient pas comparées à celles contenues dans le FNAEG. Cette tentative de mettre la pression sur l’obtention des empreintes de tout un chacun, en criminalisant le refus de signalétique lors des GAV, semble de plus en plus présente dans le fonctionnement de la justice, alors même que le contexte de la pandémie avait fait dire au Garde des Sceaux en mars 2020 qu’il fallait chercher à diminuer la surpopulation carcérale, les prisons étant à risque de devenir très vite des clusters. Dans le même temps, les délais d’appel et de demande de mise en liberté sont étendus pour faciliter le travail de l’institution judiciaire, et rallonger d’autant la durée de détention des prisonniers. Une audience de DML aura lieu mercredi 3 février au TGI, à laquelle il est possible de venir assister en soutien. Un tract a été écrit à propos de cette affaire et en solidarité avec la personne inculpée, qu’il est possible de lire ici, et qui propose une discussion publique et ouverte à ce propos, afin de réagir au plus vite contre la tentative de normaliser l’incarcération suite au refus de signalétique. Continuons à refuser de participer à notre propre fichage !

#1916 Source : des personnes présentes au procès