France, Mayotte : plusieurs ONG et des policiers des équipes de garde demandent la fermeture du centre de rétention pour raisons sanitaires

France, Mayotte. Plusieurs ONG mais aussi des policiers des équipes de garde demandent la fermeture pour raison sanitaire du centre de rétention où plusieurs dizaines de personnes ont été testées positives au Covid-19 et où les précautions sanitaires ne sont pas suffisantes. La préfecture refuse de fermer le centre ainsi que de donner des chiffres des contaminations, considérant que la solution au problème sanitaire est l’augmentation des expulsions. La réponse est révélatrice des choix de gestion de cette rentrée : « Je ne peux accéder à votre demande de fermeture du centre de rétention. Je m’étonne d’ailleurs de cette requête alors qu’il est établi que la société dans son ensemble va devoir apprendre à vivre avec ce virus. ». Certains fonctionnaires confirment que la priorité est la reprise du fonctionnement “normal” de la machine à expulser : « dès le début du confinement, il y avait une pression de la préfecture pour reprendre les expulsions. La seule chose qui compte pour eux, c’est faire du chiffre.” Un autre policier affirme : « c’est la lutte contre l’immigration clandestine qui passe avant tout. Souvent, dès le matin, quand le patron arrive dans les locaux, il nous dit qu’il faut interpeller car il n’y a pas assez de monde au Cra. » La directrice de l’ARS réfute le terme de”cluster” pour le centre alors que bien plus de 3 cas y ont été avérés et donne sa propre définition, floue et inopérante : « un cluster, ce sont des cas groupés avec des liens les uns envers les autres. Ce qui fait le cluster, c’est au-delà du nombre. Ça peut être quatre ou cinq cas, voire plus, ça dépend. Il faut tenir compte de plusieurs choses. Si vous avez deux cas dans deux familles différentes par exemple, ce n’est pas un cluster. » Les migrants attendent d’être testés sans aucune protection sanitaire, ce qui favorise dès le départ la propagation massive de l’épidémie. Un mineur d’origine comorienne arrêté devant le tribunal de Mayotte puis transféré au centre de rétention témoigne : « c’était horrible ! On était traités comme des chiens ! J’ai passé la nuit avec 17 personnes que je ne connaissais pas. Je ne sais pas s’il y avait parmi elles des malades. Ce n’est que le lendemain matin que j’ai été testé. » Le jeune homme, libéré car mineur se souvient qu’avec lui se trouvaient deux femmes enceintes inquiètes pour leur état de santé. Pour la préfecture, l’essentiel, c’est que « la machine à expulser rattrape son retard ». Une source policière confie que deux bateaux par semaine quittent l’île en direction des Comores voisines. Vendredi 28 août, l’un d’entre eux a encore pris la mer avec, à son bord, 120 personnes.

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