France, Mâcon : un ouvrier a été licencié pour faute grave pour “avoir toussé sur un collègue”, les prud’hommes devront établir si le non-respect des gestes barrières dans l’entreprise constitue une faute grave

France, Mâcon. Un ouvrier viticole des grands crus de Bourgogne a été licencié pour faute grave après avoir « toussé » sur un collègue en mars. Il a porté plainte devant le conseil des prud’hommes qui devra établir si le non-respect des gestes barrières dans l’entreprise pendant l’épidémie de Covid-19 constitue une faute grave pouvant justifier un licenciement. En effet, dans la lettre de licenciement datée du 17 avril, la direction lui reproche de s’être « mis à tousser sur l’un de (ses) collègues » le 16 mars, alors que l’employeur expliquait devant les salariés les gestes barrières. Quelques jours plus tard, une infirmière du CHU de Mâcon est intervenue « pour expliquer de nouveau les gestes barrières » au personnel. L’employé se serait alors « retourné » vers un salarié et aurait « toussé dans sa direction manifestement volontairement », sans tousser dans son coude. Le 23 mars, il aurait « à nouveau toussé sur » l’employeur. La direction a alors décidé de le mettre à pied à titre conservatoire, sans salaire avant de le licencier « pour faute grave », avec effet immédiat, sans aucune indemnité. L’employé quant à lui souligne qu’à cette période, l’entreprise ne fournissait « que des gants, pas de masques ni de gel hydroalcoolique » et nie avoir eu le comportement qu’on lui reproche. Il affirme a inventé une faute pour se débarrasser de lui parce qu’en 2017 et 2018 il a dû prendre plusieurs arrêts pour maladies professionnelles et pour un accident du travail.

#1498 vu sur www.lemonde.fr