France : le dernier avis du Conseil Scientifique Covid-19 valide le principe d’un “confinement au travail, à l’école et au domicile”, privilégiant le fonctionnement économique sur la protection face au virus

France. Le Conseil Scientifique mis en place pour réfléchir aux différentes stratégies de gestion de la pandémie, et qui depuis l’été montre bien que la préoccupation économique est centrale (voir l’avis n°7 datant de juillet 2020, qui explicitait la nécessité “d’habituer la population à une surmortalité” pour éviter le plus possible un confinement généralisé trop coûteux pour le PIB) a rendu public son dernier avis, le 30 octobre 2020, juste avant la promulgation du confinement général “aménagé”. L’option d’un confinement au travail, à l’école et au domicile était bien envisagée par le Conseil Scientifique, mais on trouve aussi dans l’avis une option qui semblerait être pour le Conseil Scientifique sérieusement pratique, idéale d’un point de vue de la gestion du risque, mais trop complexe actuellement à mettre en place pour qu’elle devienne une possibilité tangible : c’est l’option d’une incitation forte à l’auto-confinement des personnes fragiles, impossible à mener réellement car anticonstitutionnelle à ce jour. L’isolement des “personnes à risque” nécessiterait par ailleurs de mettre en œuvre beaucoup de mesures d’accompagnement – telles que l’aménagement d’espaces ou d’horaires, par exemple à l’école, à l’université, spécialement dédiés à ces personnes. “Cette stratégie de protection nécessite de favoriser un auto-confinement strict d’une part importante de la population, environ 22 M de personnes”. Quant au confinement aménagé, plus simple à mettre en place, il est anticipé par le Conseil Scientifique au sein d’une perspective allant jusqu’au printemps de décisions “on/off”, de mesures restrictives suivies d’assouplissements, de re-restrictions, etc, selon les statistiques de contamination, jusqu’à un hypothétique vaccin annoncé pour le dernier trimestre de 2021. En parallèle, le Conseil Scientifique propose de mettre en œuvre davantage de quoi “tester-tracer-isoler”, ce qui passe par un traitement élargi d’indicateurs tels que la mobilité. Ainsi, l’avis commence en s’appuyant justement sur les rapports proposés chaque semaine par Google, recensant, au niveau international, pour chaque pays, chaque ville, chaque région, les fluctuations dans les déplacements de la population via les données émises par les smartphones : ainsi peut-on constater la baisse des sorties dernières dans les parcs en Île-de-France, l’augmentation du déplacement au domicile, etc. Le Conseil Scientifique envisage de s’appuyer de plus en plus sur les outils de collecte de données que peuvent être les réseaux sociaux, en plus de Google (facebook, opérateurs téléphoniques…).

#1606 Source solidarites-santé.gouv.fr