France, Ile de France : inquiétude face à la situation sanitaire dans les foyers, des habitants du hangar squatté par d’anciens résidents du foyer Bara alertent sur leur situation sanitaire.

France, Ile de France. Inquiétude face à la situation sanitaire dans les foyers. A Montreuil des habitants du hangar squatté par d’anciens résidents du foyer Bara alertent sur leur situation sanitaire. « Un médecin du centre municipal de santé est passé les 26 et 30 mars, puis le 7 avril, explique Anne-Claire Mialot, préfète déléguée pour l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis. Il a recensé trente personnes fragiles, parce que malades et-ou âgées, et huit suspectées d’être contaminées par le Covid, immédiatement “mises à l’abri” dans un hôtel à Bondy. » Mais, lors du dernier passage de ce médecin, aucun résident n’a accepté d’être examiné, car la crise du Covid réveille la crainte d’expulsion du squat, voire du pays, et parce que les résidents refusent d’être dispersés dans d’autres lieux d’hébergements . Le neuropsychologue Sébastien Bogajewski, responsable d’un collectif local de médecins libéraux qui a visité cinq des treize foyers de la ville, demande que le désir des résidents de rester ensemble soit respecté et que leur soient fournis les moyens de contrôler et d’améliorer leur situation sanitaire (masques, gel désinfectant, thermomètres et saturomètres). Selon le  préfet de la région, « sur 90 000 résidents dans les 300 structures collectives et centres d’hébergement de la région, seuls 737 cas suspects ou avérés ont été recensés. Il n’y a pas d’accélération », rassure-t-il en minimisant une situation très inquiétante. L’isolement des malades est prévu à travers la réquisition de 8 200 places d’hôtels dans la France entière, dont 5 500 en Ile-de-France. Quatre-vingts centres d’hébergement Covid, pour l’accueil des malades sans-abri ou provenant des centres d’hébergement mais n’ayant pas besoin d’être hospitalisés ont aussi été ouverts. En Ile-de-France, 150 des 445 places “Covid” sont occupées. Deux grands centres sportifs, l’Insep, dans le bois de Vincennes, et le Creps, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), jouent aussi le rôle de sas pour extraire au plus vite les malades suspectés d’être infectés, le temps de les tester. Dans les foyers gérés par Adoma (88000 résidents) et Coallia (30 000), toutes les structures collectives ont été fermées.

#0162 paru sur lemonde.fr le 11 avril 2020