France : durant le premier confinement plus d’un tiers des personnes handicapées craignaient de ne pas bénéficier des mêmes soins que les autres si elles avaient le Covid, et ce à raison étant donné diverses pratiques et consignes médicales

France. Une étude montre que durant le premier confinement, plus d’un tiers des personnes handicapées craignaient de ne pas bénéficier des mêmes soins que les autres, si elles contractaient le Covid-19. Lors de la première vague, la logique bénéfice-risque a conduit certains hôpitaux, engorgés, à demander à des établissements de garder leurs résidents handicapés, y compris alors qu’ils avaient besoin de soins d’urgence. La réanimation est considérée comme très éprouvante pour le patient (les soignants la comparent à un marathon), et avant d’admettre quelqu’un on établit son “score de fragilité clinique”. Concrètement, l’équipe médicale prend de manière collégiale cette décision en se basant sur la volonté du patient et le bénéfice de la réanimation par rapport aux risques. Elle s’appuie, entre autres, sur son âge, ses comorbidités, son état neurocognitif mais aussi ce score de fragilité clinique. Le score 1 correspond à « très en forme ». À 8, la personne est « en état de dépendance complète à l’approche de la fin de vie ». Ce score sert aussi à prioriser les prises en charge en cas de surcharge des services. Plus la pression sur l’hôpital s’accroît, plus le score de fragilité clinique recommandé pour accéder aux soins de réa est bas. La question des consignes formelles ou informelles qui ont été données aux hôpitaux pendant le pic épidémique est encore posée à ce jour. « Il n’y a pas eu de doctrine ministérielle ou régionale officielle recommandant d’opérer une régulation fondée sur l’âge », souligne la commission d’enquête parlementaire sur le Covid-19. Mais « une forme de régulation » basée sur ce critère « a parfois pu être opérée ». Alors qu’Olivier Véran affirmait en avril que « Le handicap ne doit pas être un critère de refus de soins. », des personnes handicapées ont pourtant été victimes de la saturation des hôpitaux dans les régions les plus touchées. Le directeur général d’une association gestionnaire du Haut-Rhin en a témoigné dans la presse que l’Agence régionale de santé le lui avait « fait comprendre clairement ». Les hôpitaux étant débordés, il devait garder ses résidents atteints du Covid-19. Six ont certes pu y entrer. Mais entre le 22 mars et le 3 avril, cinq sont morts au sein de sa Maison d’accueil spécialisée.

#1886 Source faire-face.fr