France, Aubervilliers : à la demande de la mairie pour satisfaire des riverains mécontents, 2013 migrants ont été évacués par la force du campement installé au bord du canal, des gymnases ont été réquisitionnés en Seine Saint Denis

France, Aubervilliers. 2013 migrants ont été évacués par la force du campement installé à Aubervilliers au bord du canal. Cette opération de “mise à l’abri” (certains bénéficieront de quelque nuits d’hébergement temporaires…) a été demandé par la nouvelle maire de la ville : « Cela fait partie des dossiers dont j’ai hérité et j’ai très rapidement alerté le préfet sur cette situation car il fallait mettre fin à cette situation humaine dramatique, explique-t-elle. Avec l’épidémie de Covid qui reprend, les règles sanitaires n’étaient pas respectées. Et on ne peut pas se satisfaire de voir 2 000 personnes sous des tentes, avec ces épisodes de chaleur. » Ces dernières semaines, de nombreux riverains s’étaient plaints de la croissance exponentielle du campement, et des conditions d’hygiène sur place. En Seine-Saint-Denis, des gymnases ont été réquisitionnés pour quatre semaines sur les communes de Tremblay‑en‑France, Livry-Gargan, Neuilly-Plaisance et Gagny, pour établir un recensement des migrants et un examen rapide de leur situation. Le maire de Tremblay-en-France retrouve une rhétorique digne du PCF à propos des bidonvilles dans les années 60 : « Je constate que les gymnases sont réquisitionnés principalement dans les villes populaires du nord et de l’est de la région parisienne, c’est-à-dire les villes qui assurent déjà l’essentiel des efforts de solidarité envers les publics les plus fragiles. », rhétorique qui contribue au racisme ambiant en constituant l’accueil des migrants en “problème”. Des bus sont aussi partis en direction des autres départements de la région, dont Paris. Fin mars, un premier camp d’environ 500 personnes avait été évacuées par les forces de l’ordre avant de se reformer début mai.

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