Etats Unis, Portland : les manifestations émeutières se poursuivent pour la 50e nuit consécutive, les forces anti-émeutes fédérales, composées d’agents d’une unité tactique de patrouille frontalière commettent diverses exactions hors de tout statut légal

Etats Unis, Portland. Les manifestations émeutières se poursuivent pour la 50e nuit consécutive et les affrontement avec la police s’intensifient, en particulier depuis que des vidéos tournées le 12 juillet circulent, sur lesquelles on peut voir un officier fédéral tirant dans la tête d’un manifestant avec une munition “non létale”. Le déploiement des forces anti-émeutes fédérales contribue à accentuer les tensions, avec des détentions sans aucun cadre légal, qui s’apparentent à des kidnappings. Ces arrestations semblent impliquer des agents d’une unité tactique de patrouille frontalière (BORTAC) ainsi que du groupe des opérations spéciales des Maréchaux américains. Un porte-parole de cette unité a confirmé que ses agents étaient responsables de l’arrestation, désignant les autorités du Groupe de travail sur la protection des communautés américaines. Une note de service interne datée du 1er juillet intitulée «Orientation des affaires publiques: soutien du CBP pour protéger les installations et les biens fédéraux” décrit en effet un groupe de travail spécial créé par le Département de la sécurité intérieure (DHS) en réponse au décret du président Trump sur la protection des monuments et statues et sur la lutte contre la violence criminelle des désordres récents, le Groupe de travail sur la protection des communautés américaines (PACT), chargé non seulement d’évaluer les troubles civils, mais aussi de «mobiliser» des ressources pour s’en protéger. “Des anarchistes violents ont organisé des événements à Portland au cours des dernières semaines avec l’intention délibérée d’endommager et de détruire des propriétés fédérales, ainsi que de blesser des officiers et agents fédéraux”, a déclaré le porte-parole du CBP. “Ces actions criminelles ne seront pas tolérées.” Le responsable affirme : «Nous ne donnons pas de détails opérationnels, mais nous espérons que ce soutien sera à court terme”, sans qu’aucune date ne soit précisée pour la fin de l’intervention de ce qui ressemble bien à une police secrète. Une polémique est lancée sur la légalité ou non de ces arrestations sachant que les agents qui interviennent ne portent pas d’insigne. L’état d’urgence sanitaire donne d’ailleurs beaucoup plus de marge de manoeuvre aux forces de l’ordre dans leurs formes d’intervention. Les sénateurs de l’Oregon, ont demandé une enquête fédérale officielle sur ces arrestations. Certains journalistes évoquent une ambiance de guerre dans la ville.

#1215 vu sur www.nytimes.com