Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi : des jeunes migrants, enfermés dans un camp de travail et employés par un sous-traitant d’une entreprise française dirigée par un candidat aux municipales soutenu par la gauche, dénoncent le non-versement de leur salaire en bloquant l’accès aux lieux de travail

Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi. Un mouvement de protestation se déroule depuis la mi-mai dans cet Etat très surveillé du Golfe Persique. Des jeunes migrants, enfermés dans un camp pour travailleurs, dénoncent le non-versement de leur salaire en bloquant l’accès aux lieux de travail. « Cela fait deux mois que notre employeur ne nous paye pas, expliquait un jeune homme d’origine indienne. Même si l’on reçoit de la nourriture, nous avons beaucoup de problèmes, nous ne pouvons plus recharger nos téléphones. C’est pour cela que nous empêchons les rares personnes qui ont encore du travail d’aller travailler », ajoutait-il, face à la porte métallique du camp, maintenue close. L’employeur de ces ouvriers en colère est l’entreprise AMB-Hertel, une filiale de la multinationale française de fabrication d’échafaudages Altrad, dont le siège est à Montpellier. Le groupe, qui compte 15 000 employés dans le Golfe, est dirigé par son fondateur, Mohed Altrad, 31e fortune française, candidat à la mairie de Montpellier, qui vient d’obtenir, pour le second tour (le 28 juin), le soutien d’écologistes et de militants de gauche locaux.

#0879 source lemonde.fr