Colombie : dans certaines régions de Colombie, des groupes armés menacent de faire appliquer brutalement des mesures de confinement.

Colombie. Dans certaines régions de Colombie, des groupes armés menacent de faire appliquer brutalement des mesures de confinement. L’Armée de libération nationale (ELN) qui a annoncé le 28 mars un cessez-le-feu d’un mois en tant que “geste humanitaire envers le peuple colombien, qui souffre de la pandémie”, publie, à Bolivar, un texte annonçant que ses combattants se sentaient “obligés de tuer des gens pour sauver des vies» parce que la population n’a pas “respecté les ordres d’empêcher la diffusion du COVID-19”. La brochure déclare que “seules les personnes travaillant dans les magasins d’alimentation, les boulangeries et les pharmacies peuvent travailler”, disant que les autres devraient rester “à l’intérieur de leurs maisons”. Le “Oliver Sinister Front”, un groupe issu des FARC, a publié, le 22 mars, à Tumaco, une ville-port du sud-ouest de la Colombie, un texte annonçant un «couvre-feu en raison de l’urgence dans le pays à cause de COVID-19». Le groupe annonce des «sanctions» pour les établissements encore ouverts, ainsi que pour les pharmacies et les supermarchés qui «comptent un grand nombre de personnes». Un autre texte, publié le 1er avril avertit que «ceux qui ne se conformeront pas seront des cibles militaires». Le groupe ordonne la «fermeture d’établissements tels que bars, cantines, billard et boîtes de nuit» et impose un «couvre-feu de 20h à 6h».

#0259 Paru sur hrw.org le 13 avril 2020