Brésil, Recife : des militants anti-avortement membres de groupes religieux évangéliques et soutiens de Bolsonaro ont tenté d’empêcher l’interruption de grossesse d’une fillette de 10 ans violée par son oncle

Brésil, Recife. Des militants anti-avortement membres de groupes religieux évangéliques soutiens de Bolsonaro ont tenté d’empêcher l’interruption de grossesse d’une fillette de 10 ans violée par son oncle. La ministre de la Famille (mais aussi “de la Femme et des Droits humains”), une pasteure intégriste, avait elle-même indiqué où se tiendrait l’intervention et avait déploré sur les réseaux sociaux la décision de justice autorisant l’interruption de grossesse de l’enfant. La petite fille, originaire d’une famille pauvre de la ville de São Mateus, dans l’État d’Espirito Santo (au nord de Rio de Janeiro), subissait des abus sexuels depuis l’âge de 6 ans, ce qui a motivé la justice, explique le journal, à autoriser l’avortement, interdit dans le pays. Mais pendant que l’affaire était examinée en justice, elle recevait déjà la visite de pasteurs évangéliques qui l’exhortaient à ne pas avorter, essayant également de faire pression sur la grand-mère en charge de l’enfant. L’enfant a dû être déplacée dans une autre région du pays, là où la ministre de la famille a révélé sa présence, car les hôpitaux locaux ont tous refusé de prendre en charge l’avortement. Au Brésil, sur les 66 000 viols enregistrés en 2018 dans le pays, 53,8 % ont concerné des mineures de moins de 13 ans, et la plupart dans le cadre familial.

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