Brésil, Amazonie : alors que le président Bolsonaro a nommé un ancien missionnaire de l’organisation chrétienne fondamentaliste New Tribes à la direction de l’agence censée protéger les populations isolées du Brésil, des tribus indigènes veulent faire cesser les interventions de missions évangélistes qui perdurent malgré les risques de transmission du Covid19 face auxquels ces populations seraient particulièrement fragiles.

Brésil, Amazonie. La récente épidémie de coronavirus a exacerbé des tensions entre tribus indigènes et missionnaires chrétiens évangéliques. Dans les régions les plus reculées de l’Amazonie brésilienne, les tribus avertissent de l’hécatombe que peut engendrer le virus parmi les leurs et militent pour interdire l’accès à leurs terres à des groupes religieux d’évangélisation qui pourraient apporter le covid19 (en plus de la foi !). Le 17 mars, alors que l’épidémie de coronavirus se propageait au Brésil, les ministères de la justice et de la santé du pays ont recommandé aux Brésiliens non indigènes d’éviter tout contact avec les tribus, afin de les protéger de l’épidémie. New Tribes Mission au Brésil a cependant continué d’envoyer son hélicoptère dans la vallée du Javar. Mi-avril, un juge a énoncé l’interdiction aux missionnaires de pénétrer dans la vallée du Javari, une région reculée située le long de la frontière qui sépare le Brésil du Pérou, et où vivent de nombreuses tribus autochtones – dont au moins 16 groupes isolés n’ayant jamais eu aucun contact avec d’autres communautés. La décision de justice nomme expressément trois missionnaires, ainsi que l’organisation chrétienne fondamentaliste New Tribes Mission au Brésil, affiliée à une œuvre missionnaire évangélique de plus grande ampleur aux États-Unis. En février dernier, le président Bolsonaro a nommé Ricardo Lopes Dias, un ancien missionnaire de New Tribes, à la direction de l’agence censée protéger les populations isolées du Brésil. Selon Joenia Wapichana, première femme indigène élue au congrès brésilien en 2018, “si le coronavirus devait frapper des terres indigènes, ce serait une tragédie. Nous ne disposons d’aucune zone protégée, et l’investissement dans la santé et les équipements de protection pour les indigènes est inexistant.” Les autorités sanitaires ont annoncé le 15 avril qu’un adolescent de 15 ans membre de la tribu des Yanomami avait succombé au Covid-19 à l’hôpital de la ville de Boa Vista.

#0527 Source huffingtonpost.fr