Bosnie-Herzégovine, Bihac : un millier de migrants enfermés dans un camp géré par l’ONU à la frontière avec la Croatie, ont manifesté contre le tabassage d’un migrant installé hors du camp, les autorités ont dépêché des forces de police spéciales

Bosnie-Herzégovine, Bihac. Des migrants bloqués dans la région de la Krajina, à la frontière de la Croatie, et enfermés dans le camp de Lipa géré par l’ONU ont manifesté en réaction au passage à tabac d’un migrant “sans-abri”, c’est-à-dire vivant en dehors du camp de tentes. Ils sont environ 2500 dans ce cas. Les autorités ont dépêché des forces de police spéciales pour réprimer la révolte d’un millier de migrants. Le personnel de l’Organisation internationale pour les migrations, qui gère les sept camps de migrants en Bosnie, s’est retiré du camp avant l’arrivée de la police spéciale. Les agents ont tiré plusieurs coups de semonce en l’air pour calmer les troubles des migrants qui lançaient des pierres. Un peu partout dans le pays la tension monte et les forces de l’ordre interviennent contre les migrants qui sont nombreux à y être bloqués par la crise sanitaire. Les frontières ont aussi été renforcées pour empêcher de nouveaux migrants d’arriver. La Croatie ayant renforcé ses frontières et érigé des clôtures, les migrants qui veulent passer d’Asie en Europe se retrouvent très nombreux à être bloqués en Bosnie et la situation dégénère. Dans deux autres camps à Bihac, enfermant chacun plus de 1000 hommes célibataires, huit migrants ont été testés positifs au coronavirus cette semaine. C’est la première fois que des infections ont été détectées dans les installations enregistrées par l’OIM en Bosnie. Deux d’entre eux se sont échappés de l’isolement et avaient fui, ce qui a causé des manifestations d’hostilité de la population locale, avec la création de “groupes d’autodéfense” qui menacent les migrants, en particulier ceux qui vivent hors des camps. Les autorités de la Krajina ont décidé la semaine dernière d’empêcher toutes les nouvelles arrivées de migrants et refoulent désormais tous les migrants. Sont également interdits le transport des migrants dans les trains, les bus ou les taxis, les rassemblement dans les lieux publics et les habitants n’ont pas le droit de louer ou de fournir un logement aux migrants. A la suite de ces mesures, les forces de police des régions adjacentes ont commencé à empêcher les migrants de retourner dans leurs zones. Plusieurs centaines de personnes, y compris des femmes et des enfants, ont été débarqués de bus ou de trains et laissées piégées sur une route près de la ville de Bosanska Otoka sans accès à de la nourriture ou à un abri.

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