Argentine : concerts de casseroles et invectives judiciaristes contre une supposée “libération massive” de détenus

Argentine. Quelques milliers de personnes à travers tout le pays se sont penchées à leurs fenêtres pour un cacerolazo (un concert de casseroles, mode de manifestation courant en Amérique latine) “contre la libération massive de détenus”. Une partie de la population s’indigne contre une supposée “libération massive” de prisonniers qui apporteraient à la fois le virus et le crime… “Ne les libérez pas !”, “qu’ils pourrissent en prison”, voilà ce qu’on peut lire dans la presse et sur les réseaux sociaux, avec souvent la diffusion de photos sordides de victimes de crimes commis ces dernières années. La presse rapporte l’exemple d’un prisonnier qui a pu bénéficier d’une libération anticipée, et qui est retourné à pied pour se faire réincarcérer après avoir été violemment attaqué et blessé par une douzaine de ses voisins. Pourtant, comme dans la plupart des pays qui ont annoncé vouloir désengorger leurs prisons, très peu de prisonniers ont effectivement été libérés dans ce pays où la population carcérale totale est estimée à 100 000 personnes : dans la province de Buenos Aires, entre la mi ­mars et la mi avril, moins de 500 détenus ont été assignés à résidence en raison de l’épidémie, ce qui ne représente que 1 % de la population carcérale de la région, et il y aurait eu seulement 1700 libérations anticipées dans l’ensemble du pays. Le virus commence à se diffuser dans les prisons surpeuplées : deux cas de Covid-19 ont été confirmés dans la prison de Devoto à Buenos Aires où 1 700 personnes vivent entassées. De nombreuses grèves de la fin, émeutes et mutineries ont actuellement lieu (voir la photo prise à la prison de Devoto fin avril et les diverses brèves de ce site à ce sujet).

#0504 Source sputniknews.com et Le Monde du 05/05